Blog pour une vraie égalité pour tous
« Politique d’immigration égale quotas. » C’est l’équation que martèle depuis maintenant plusieurs années Nicolas Sarkozy, qui est allé jusqu’à affirmer : « tout le monde sait que c'est la seule solution. »
En janvier, le président Sarkozy a chargé Brice Hortefeux du dossier, lui demandant d’aller « jusqu’au bout » de cette politique des quotas. Quelques semaines plus tard la commission Mazeaud était créée, chargée d’étudier la faisabilité du projet. Il faut dire que plusieurs organisations de défense des droits de l’homme – dont France Terre d’Asile – étaient montées au créneau, et que la compatibilité de la vision sarkozienne avec la constitution de la république n’était – une fois de plus – pas avérée.
C'est demain, vendredi que la commission Mazeaud va rendre son rapport définitif à Brice Hortefeux. Mais on sait déjà que ce rapport ne sera pas tendre avec le président. Dans une synthèse de la version provisoire, les membres de la commission ont ainsi pu écrire : « Des quotas migratoires contraignants seraient irréalisables ou sans intérêt. » Il faut dire que l’idée des quotas a déjà été rejetée par deux fois par le Conseil constitutionnel, qui la juge contraire au principe d'égalité qui concerne aussi bien les Français que les étrangers vivant en France. Ca n’a pourtant pas fait reculer le gouvernement. Celui-ci persiste et signe, tout en sachant qu’il faudrait au bas mot réformer la constitution et abandonner les principes de la République. Cette fois ci, à l’unanimité, la commission conseille au gouvernement « de ne pas s'engager dans cette voie » d'une réforme constitutionnelle, qui au « plan politique sur un sujet aussi sensible diviserait profondément et inutilement la société française. » Elle ajoute : « plus encore qu'ailleurs, l'action patiente résolue et respectueuse de la complexité des choses doit être préférée aux remèdes spectaculaires mais illusoires. »
Difficile d’être plus clair. Pierre Henry, directeur général de France Terre d'asile, va jusqu’à parler de « grand coup pied de l'âne donné par la commission Mazeaud. » Un point trouve grâce aux yeux de la commission : les « quotas conventionnés », lorsqu’ils sont définis « par convention avec les pays source d'immigration », sont « appelés à devenir des outils tout à fait essentiels de la nouvelle politique migratoire de la France. » Des accords de ce type existent aujourd’hui avec le Sénégal, le Gabon, le Bénin, le Congo et la Tunisie. Comme outils de cette « nouvelle politique migratoire », la commission Mazeaud propose « une réflexion globale sur l'aide au développement », « un meilleur contrôle de la délivrance des visas », « une plus grande fermeté dans la lutte contre l'immigration irrégulière, notamment contre les passeurs », et une « amélioration des statistiques migratoires de la France. »
Depuis que Nicolas Sarkozy a déclaré la chasse aux sans-papiers ouverte, les privant des aides médicales et lâchant sur eux ses troupes avec un objectif de 25.000 têtes de gibier, les drames humains n’ont pas arrêté de se produire. Depuis le père de famille arrêté devant le lycée de ses enfants jusqu’à la petite fille tombant d’une gouttière en essayant de suivre son père qui tentait d’échapper aux policiers. En passant par ce couple de dissidents tchétchènes renvoyés de force à la mort dans leur pays d’origine dans un avion affrété spécialement pour eux, les pilotes des lignes régulières ayant refusé de se prêter à une telle opération..Attisant le racisme et la xénophobie, Nicolas Sarkozy a même profité il y a quelques années de « l’état d’urgence » et de l’article 16 – créé pour permettre de lutter contre les ennemis de l’extérieur (!) – pour demander à ses préfets d’expulser sans jugement les familles étrangères dont un membre aurait participé à des émeutes. Je dis bien « aurait », car jusqu’à preuve du contraire, en droit français tout homme en l’absence de jugement est présumé innocent. Cela dit, la condamnation de familles entières pour le fait d’un seul me paraît plus relever de la vendetta que d’un droit civilisé, et rapproche dangereusement la façon d’agir la France de celle de la Mafia.
J’ai le plus profond respect pour les étrangers qui ont choisi de s’installer sur notre sol. D’abord parce qu’ils l’ont fait par choix, et non par le hasard de la naissance. Ensuite parce que bien souvent, pour venir s’installer en France, ils ont dû tout quitter et ont redémarré leur nouvelle vie tout en bas de l’échelle sociale. Cela demande beaucoup de courage. Pour certains parmi les plus démunis, c’est leur vie qu’ils ont risqué.
Economiquement parlant, les travailleurs immigrés sont une main d’œuvre dont la France à besoin, notamment dans le bâtiment et la restauration. Même clandestins, ce sont des gens qui paient leurs impôts comme les autres par l’entremise de la TVA, qui font tourner les commerces, payent leur loyer, etc. Certes bien souvent les sans-papiers travaillent au noir et ils n’ont pas droit au chômage, ni à la retraite, ni à la sécu. Même si c'est interdit, ils rapportent de l’argent et ne coûtent pratiquement rien à la société. Par contre, leur expulsion par avion-charter coûte une véritable fortune au contribuable français. Avec l’argent que Nicolas Sarkozy investit dans ces expulsions dont le principal but est de lorgner vers un électorat d’extrême droite raciste et xénophobe, on pourrait faire vivre des milliers de familles françaises dans le besoin. Et sauver les vies d’adultes et d’enfants qui ont souvent bien mérité le droit de vivre dans notre pays.