Partager l'article ! C'est parti : extrait de mon livre Déployer mes ailes: C'est le jour J ! J'espère que mon ouvrage fera évoluer les mentalités... Qu'il amusera ...
Aujourd’hui, je dois faire remplacer ma main droite. Je ne suis pas une créature bionique ni un robot androïde. J’ai simplement une main en silicone abîmée. Je vais
chez mon prothésiste un peu comme on va chez le garagiste pour qu’il change une pièce d'usure d'une voiture…
Je suis ce qu’on appelle communément « une handicapée ». Expression lourde s’il en est, souvent prononcée avec pitié. « Une handicapée », ce mot-là vous enveloppe d’un coup, des pieds à la tête. Comme si le handicap était une matrice ou le caractère prédominant aux yeux d’autrui. Etre désigné par un truc qui manque, ça n’a l’air de rien, mais ça pèse lourd.
J’ai perdu ma main d’origine à l’âge de 17 ans. Une amputation très inattendue. Une erreur médicale, comme on dit. Une étourderie terrifiante. J’allais écrire
impardonnable, j’hésite… Difficilement pardonnable ? Si le pardon était facile, il n’aurait pas de grande vertu. Une amputation donc. Doublée d’une infection due à une mauvaise asepsie, un
cadeau offert par des soignants à une cohorte affamée de staphylocoques dorés. Ça arrive à d’autres, à beaucoup d’autres, beaucoup trop. Pour le moins, ça mérite un coup de gueule. Comptez sur
moi pour en pousser quelques uns, le dossier du handicap, en France, est l’un des plus édifiants (...).
Mes combats pour l’éthique renouvellent ma joie tous les jours. Et, à chaque coup dur, je retourne sur mon passé, je vois le chemin parcouru et je ressens un immense sentiment de bonheur. Jeune femme de banlieue et handicapée, je n'ai pas pris l'ascenseur social mais le long escalier qui demande des efforts. A chaque palier, je cherche à ouvrir la bonne porte quand on ne me la ferme pas au nez.
J’ignorais les combats et les bonheurs qui m’attendaient, en particulier celui de présider bientôt une association d’aide aux personnes handicapées et de créer une structure pour les accompagner vers des emplois. Je ne pouvais pas savoir combien l’émotion et la révolte contre les injustices recèlent de vertus quand on les prolonge par l’action.
Comment aurais-je pu voir la vie en rose à ce moment-là en regardant mon bras ? Aurais-je pu imaginer que, malgré les épreuves, voire grâce à elles, mon handicap deviendrait une force, que j’en ferais une lutte nationale, que je me lancerais dans la vie politique où le sujet restait quasi tabou et que, 15 ans plus tard, je serais une élue* combative et heureuse ?
* Les épreuves de mon livre on été rendues en janvier 2008. A cette date, j'ignorais que je serais
rayée de la liste de François Pupponi malgré le vote des militants...
Stomy Bugsy, Doc Gynéco qui nous ont fait l'honneur de venir lors de l'inauguration de l'association C' La Vie à Sarcelles. C'était pour un concert caritatif en faveur des personnes handicapées en octobre 2005.
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