Partager l'article ! LA DIVERSITE, C’EST AUSSI LE HANDICAP: Déjà bientôt sept ans que je suis conseillère municipale de Sarcelles ! J’en suis d’autant ...
Déjà bientôt sept ans que je suis conseillère municipale de Sarcelles ! J’en suis d’autant plus fière que ce qui paraissait encore exceptionnel il y a sept ans commence à devenir un sujet d’actualité : quand on parle de diversité dans la constitution des listes aux élections municipales ou dans la désignation des candidat-e-s aux élections cantonales, on devrait parler de plus en plus de la place des personnes porteuses de handicap.
Le retard en la matière est considérable et la crise de la représentativité -cause de tant d’abstention ou de vote protestataire chez les personnes handicapées – reste réelle. Pour ne prendre que les 36 villes de plus de 100 000 habitants : sur 2 421 conseillers municipaux, adjoints ou maires, on ne compte que 7 personnes handicapées (3 UMP, 3 socialistes et 1 RDSE, le groupe Rassemblement démocratique et social européen du Sénat). Soit 0,4 % de personnes handicapées au sein des municipalités des 36 plus grandes villes. Même constat dramatique dans les conseils généraux : un seul conseiller général handicapé en France, en tout et pour tout !
Gauche et droite rivalisent déjà dans un certain nombre de collectivités pour promouvoir des personnes handicapées. C’est donc le cas à Sarcelles – ville hautement symbolique
de l’intégration- où je serai candidate de nouveau sur la liste de gauche. Mais la situation a changé depuis 2001 et la droite risque de prendre une longueur d’avance avec cette fois la présence
en tête de liste d’un chef d'entreprise qui se déplace en fauteuil roulant – et dont la candidature fait déjà grand bruit dans la presse ces derniers jours (Le Monde Matin Plus du 25 janvier 2008
ou Le Point par exemple). De même à Boulogne-Billancourt où Pierre Deniziot est investi sur les listes UMP. A part Sarcelles, aux cantonales, je n’ai entendu parler pour l’instant que d’un seul
candidat handicapé moteur : Alain Gabrieli, militant socialiste à Toulouse.
De la même manière que pour la parité, la question n’est pas seulement de savoir combien de personnes handicapées seront candidates
mais surtout quelles seront leurs tâches et les responsabilités qui leur seront confiées. Le « plafond de verre » peut malheureusement encore s’exercer à ce
niveau, même quand un-e élu-e handicapé-e est déjà bien implanté-e sur un territoire.
Certes, la commune et le Département sont deux collectivités qui sont très impliquées dans la prise en charge du handicap, en particulier pour mettre en œuvre la loi du 11 février 2005 dite loi
handicap. Les communes vont par exemple devoir rendre accessibles leurs équipements publics, les départements coordonnent l’aide et l’accompagnement des personnes handicapées via les nouvelles
maisons départementales du handicap.
Il serait logique que les personnes handicapées soient directement impliquées dans ces politiques ; il est même indispensable que la gauche ne se laisse pas à nouveau dépasser par la droite
dans ce domaine essentiel de la politique sociale de nos collectivités.
Mais le grand danger dans cette course à la diversité serait de ranger les minorités
et les discriminés par territoire ou par champ de compétence : il ne doit pas y avoir de villes pour les blancs, de compétences réservées aux femmes, de place octroyée aux handicapés… :
c'est du communautarisme ! Sinon, dans quelle ville une personne handicapée pourrait se présenter ? Handiland n’existe pas, la question du handicap se pose dans toutes les villes puisqu’elle concerne dejà des dizaines de milliers de personnes et nous tous potentiellement.
Les personnes handicapées ont trop longtemps été les exclues parmi les exclues ; les élu-e-s handicapé-e-s ont été trop longtemps cantonnés dans des domaines « réservés ». La
gauche et tout particulièrement le Parti socialiste ne peuvent les écarter plus longtemps au titre d'une diversité sélective.
Je suis une des rares à être à la fois femme et handicapée et j’espère pouvoir être à nouveau digne de la confiance des militants et des responsables socialistes pour les six années qui viennent,
quelles que soient les responsabilités que j’assumerai à l’échelon communal ou départemental.
Stomy Bugsy, Doc Gynéco qui nous ont fait l'honneur de venir lors de l'inauguration de l'association C' La Vie à Sarcelles. C'était pour un concert caritatif en faveur des personnes handicapées en octobre 2005.
Commentaires