Jacques CHIRAC avait fait du handicap un des trois chantiers majeurs de son quinquennat. Pour l’heure, l’ouverture de ce chantier n’a suscité qu’une loi d’affichage sans moyen financier et sans rapport avec l’enjeu. Aujourd’hui, le gouvernement semble se réveiller à moins de trois mois des élections. Philippe BAS, ministre de la Sécurité sociale, des personnes âgées et des personnes handicapées tient une conférence de presse pour admettre que depuis février 2005, rien n’a été accompli pour l’accès aux bureaux de vote, aux documents de campagne, aux programmes.
Pire, Jacques CHIRAC reconnaît que son gouvernement n’a pas rempli ses engagements puisque près de deux ans après le vote de la loi, les décrets relatifs à l’accessibilité ne sont toujours pas publiés.
Le président de la République se croit autorisé à se réjouir du fait que 150 000 enfants handicapés prennent aujourd’hui le chemin de l’école. Ceux-ci ne sont pas pour autant en classes ordinaires, puisque 100 000 enfants handicapés fréquentent les établissements de l’éducation nationale, 120 000 des réseaux d’établissements spécialisés publics et privés et 13 000 d’entre eux suivent des études à l’hôpital via le CNED.
L’intégration scolaire est nettement insuffisante, la loi ne préconisant qu’une inscription administrative. Par ailleurs, le président de la République demande de s’assurer que toutes les personnes ayant droit bénéficient d’une compensation sans rupture vis à vis des aides existantes. Il oublie de rappeler qu’il a transféré toutes les charges sur les conseils généraux.
Enfin, la journée travaillée non rémunérée –lundi de Pentecôte- ne correspond ni aux attentes des salariés ni à celle des personnes handicapées. Les sommes collectées (550 millions d’euros contre 850 millions prévus) ne permettent pas de financer une réelle compensation pourtant distribuée avec parcimonie.
Le Parti socialiste déplore que les bonnes intentions affichées tant par le ministre que par le président de la République confirment l’ampleur de l’échec du quinquennat sur le terrain du handicap. Ce comportement apparaît presque pathétique au regard de la gravité du rendez-vous manqué.
Communiqué d’Elisabeth AUERBACHER
Responsable nationale au Handicap
