Egalité pour tous

Mercredi 17 octobre 2007 3 17 /10 /Oct /2007 10:13
Vu sur Yahou...

Il s'appele José Munoz,  il témoigne :
Militant depuis 30 ans au sein du Parti Socialiste, il revendique depuis quelques années une meilleure prise en compte du handicap au sein des instances politiques.

Une venue au monde difficile lui a laissé le bras droit paralysé. On ne le remarque pas a priori : à l'instar de Jamel Debbouze, José Muñoz garde en permanence la main dans la poche de sa veste; mais la comparaison s'arrête là... José Muñoz travaille depuis l'adolescence : "Je suis entré très tôt au collège, à l'âge de 10 ans. Mais une lourde intervention chirurgicale m'a ensuite fait prendre du retard. J'ai eu la chance d'être orienté dans un collège appliquant la pédagogie Freinet, ouverte sur la vie, ça m'a pas mal boosté. Cette éducation travaillait sur le concret alors que l'abstrait me rebutait. Dès mes 15 ans, j'ai voulu entrer dans l'activité professionnelle tout en continuant à préparer un brevet comptable que j'ai obtenu à 17 ans". Son actuel statut professionnel, il le doit à ses acquis et son expérience : il est conseiller auprès du directeur général de Suez.

José Muñoz s'est construit sur trois verbes : oublier, s'adapter, militer. "D'abord, oublier le handicap, parce que j'ai compris très vite qu'il fallait s'adapter à la vie en société; j'ai tout fait pour apprendre à réaliser les actes quotidiens avec un seul bras. Ensuite, s'adapter lors de l'adolescence, pour surmonter les soucis psychologiques, sortir avec mes copains, séduire, faire au mieux pour faire partie de la société. Enfin, militer; quand on est handicapé, c'est un vrai problème : je m'adaptais, je trouvais un support pour les tracts, je collais les affiches d'une seule main... J'ai toujours refusé de ne pas faire, mais à la longue, j'ai fait comprendre à mes camarades que je ne pouvais pas tout faire". C'est là, en 2000, que survient son questionnement, après plus de vingt années de militance, distribuant des tracts, collant des affiches comme tous les autres militants : son handicap, sa différence, sont devenus invisibles. "Quand je me suis exprimé en tant que militant handicapé, j'ai ressenti une certaine incompréhension. J'en tire la leçon que lorsqu'on est parfaitement intégré, à force de s'habituer à une personne, on oublie qui elle est, ce qu'elle représente. Tout individu qui n'intègre pas son 'anormalité' dans la relation aux autres n'est pas un problème pour les autres".

Cette prise de conscience, il la doit à sa rencontre avec Hamou Bouakkaz, militant socialiste et conseiller technique du maire de Paris, Bertrand Delanoë : "On a le même recul par rapport à la vie, y compris sur la politique. Comment agir dans une société qui n'accepte pas les personnes handicapées sans y être contrainte, que ce soit dans l'aménagement du cadre bâti, les transports, le travail ? Le dernier bastion à conquérir, c'est le monde politique. Alors on a pris notre bâton de pèlerin, on agit de concert, on s'identifie comme militants socialistes handicapés pour que cette différence soit reconnue".

Depuis, ils tentent de faire évoluer leur parti et ont proposé une contribution statutaire demandant la création d'un quota de 6 % de militants handicapés dans ses instances et les candidats lors des élections. Une proposition qu'ils savent irréaliste mais qui est destinée à alimenter le débat.

Par Nathalie Bellity - Publié dans : Egalité pour tous
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 3 juillet 2007 2 03 /07 /Juil /2007 00:00
Les élus ont valeur d'exemple, pourtant, beaucoup ont des difficultés à mettre en place une diversité incluant des personnes handicapées. Selon la Anne Balthazar, du comité national du FIPHFP, certains agents vont jusqu'à rejeter les personnes handicapées. D'autres, les recrutent à des postes inférieures à leur compétence.

La charte de la diversité existe au sein des entreprises mais les collectivités locales ont davantage de difficultés à faire accepter des individus handicapés comme tout autre personne qui subit des discriminations.

La rénovation de la politique passe par la rénovation des idées, notamment, à travers la lutte contre les préjugés. Se battre contre les discriminations, c'est s'engager vers l'égalité réelle.

Voici un article paru dans Profession Politique  concernant l'emploi des personnes handicapées dans la fonction publique :

Depuis que, sous peine de pénalités financières, la loi oblige les organismes publics à employer 6 % de personnes handicapées, les mentalités évoluent...

Après un an d'existence, le Fonds pour l'insertion des personnes handicapées dans la fonction publique (FIPHFP) a présenté, début juin, une charte d'engagement visant à intensifier l'embauche et le maintien de travailleurs handicapés dans la fonction publique. En 2006, l'État est encore loin de montrer l'exemple avec 3,59 % de personnes handicapées. Un niveau proche de celui des collectivités locales (3,47 %) et de celui la fonction publique hospitalière (3,57 %). La loi de juillet 1987 oblige pourtant les organismes publics employant plus de 20 personnes à réserver 6 % de leurs postes à des travailleurs handicapés. Ceux qui ne respectent pas cette obligation doivent verser au FIPHFP une contribution annuelle proportionnelle à l'écart entre le nombre effectif de handicapés qu'ils emploient et l'obligation légale. Jusqu'à présent, la loi n'était assortie de pénalités financières que pour les employeurs privés.

Le privé fait mieux

Un texte plutôt incitatif puisque, selon l'Agefiph (fonds pour l'insertion professionnelle des handicapés), le secteur privé fait un peu mieux que la fonction publique avec, en 2006, un taux de personnes handicapées de 4,4 %.

L'an dernier, les employeurs publics ont versé plus de 54 millions d'euros au fonds. Ces contributions servent à aider les handicapés à entrer dans la fonction publique, à financer des aménagements de postes de travail, ou à rémunérer des assistants pour maintenir en poste un handicapé. Une aide que la Fédération des accidentés de la vie (Fnath) juge encore trop faible, puisque seulement une cinquantaine de demandes sont parvenues au fonds, et à peine la moitié a obtenu une réponse positive.

Pour Anne Balthazar, du comité national du FIPHFP, "il faut faire évoluer les mentalités, changer les représentations du handicap auprès de l'employeur, mais aussi des collègues, qui parfois rejettent la personne handicapée".
Autres problèmes, les fonctionnaires handicapés sont souvent recrutés sur des postes inférieurs à leur compétence. Ensuite, ils ont très peu d'occasions de se former et d'évoluer dans leur carrière. Au 31 mai 2007, la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde) avait enregistré 341 réclamations concernant l'emploi dans le secteur public, relatives à des questions de handicap ou de santé.



Par Nathalie Bellity - Publié dans : Egalité pour tous
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 18 février 2007 7 18 /02 /Fév /2007 20:27

Femmes, seniors, handicapés, colorés (différents, moins intéressants ou moins compétents aux yeux de certains), lorsqu'il s'agit de discrimination, le combat est le même pour tous : pas une personne n'a échappé à un moment de sa vie à cette usine infernale à fabriquer les laissés pour compte.

Un Européen sur deux estime que trop peu de mesures sont prises pour lutter contre la discrimination et une vaste majorité a le sentiment que cette dernière est très répandue. C’est ce que révèle une étude Eurobaromètre publiée début 2007. Un tiers seulement des citoyens affirment connaître leurs droits s'ils sont victimes de discrimination. Etre handicapé, être d’une autre origine ethnique ou d’une autre religion ou avoir moins de 25 ans sont perçus comme étant un désavantage.

Dans l'ensemble, les résultats confirment que les Européens sont prêts au changement, une grande majorité d'entre eux étant en faveur de l'adoption de mesures visant à promouvoir l'égalité des chances pour tous dans le domaine de l'emploi. 

L'enquête montre aussi que l'existence de lois anti discriminations (qui visent à éliminer toute discrimination fondée sur le sexe, l'origine ethnique ou la race, l'âge, l'orientation sexuelle, un handicap, la religion ou les convictions) restent relativement méconnues dans l'Union européenne : un tiers seulement des citoyens affirment savoir quels seraient leurs droits s'ils devenaient victimes de discrimination ou de harcèlement. Dans tous les États membres sauf quatre, la plupart des répondants considèrent que les personnes ayant une origine ethnique différente de celle du reste de la population enrichissent la culture nationale. Une large majorité de citoyens estime que davantage de femmes devraient occuper des postes d'encadrement (77 %) et être députées (72 %). De nombreux Européens pensent également que les lieux de travail devraient compter plus de personnes handicapées (74 %) et de personnes de plus de 50 ans (72 %).

Parmi les six formes de discrimination examinées dans l’étude, la discrimination fondée sur l’origine ethnique est perçue comme étant la plus répandue : 58 % des personnes âgées de 55 ans et plus estiment que la discrimination fondée sur l’origine ethnique est répandue, contre 69 % des répondants plus jeunes. Un autre facteur qui semble influencer les opinions est le fait d’avoir ou non des amis d’origines ethniques différentes. Les personnes ayant des amis d’une autre origine ethnique que la leur sont nettement plus susceptibles que les autres de penser que la discrimination est répandue (71 % contre 56 %). 

La plus large manifestation d’empathie s’exprime envers les personnes handicapées, la quasi-totalité des citoyens de l’UE soutenant la proposition selon laquelle plus de moyens devraient être dépensés pour supprimer les barrières physiques qui compliquent la vie des personnes handicapées (91 %).

Lorsqu'il s'agit de trouver un emploi, le handicap et l'âge sont les deux grands facteurs qui, selon les Européens, désavantagent le plus les candidats. De nombreux répondants (68 %) pensent que, pour les femmes, les responsabilités familiales représentent un obstacle à l'accès aux postes d'encadrement.

En moyenne, les écoles et universités sont perçues comme les principaux acteurs ayant un rôle à jouer dans la lutte contre la discrimination. Ainsi, 42 % des répondants ont cité les établissements d’enseignement parmi une liste d’acteurs de la lutte contre la discrimination. Quatre répondants sur dix ont par ailleurs choisi les parents, ce qui indique que les jeunes sont considérés comme le principal groupe cible dans la lutte contre la discrimination. Il ressort par ailleurs des résultats qu’environ un tiers des citoyens de l’Union européenne attribuent un rôle important aux médias (34 %) et à leur gouvernement national (31 %).

Dans sa globalité, le terme « diversité » est une nécessité éthique et une richesse pour tous. Sachons profiter de cette année 2007 pour le rappeler et agir pour l’égalité sans distinction.

 

Par Nathalie Bellity - Publié dans : Egalité pour tous
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires

Recommander

W3C

  • Flux RSS des articles

Présentation

Texte libre

Stomy Bugsy, Doc Gynéco qui nous ont fait l'honneur de venir lors de l'inauguration de l'association C' La Vie à Sarcelles. C'était pour un concert caritatif en faveur des personnes handicapées en octobre 2005.

Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés