Actualité nationale

Mercredi 11 juin 2008 3 11 /06 /Juin /2008 12:58

La montagne a accouché d’une souris. Nous attendions beaucoup de cette journée du handicap, avec la présence à la Cinémathèque de Nicolas Sarkozy et de certains de ses ministres. Le président a servi un beau discours d’une cinquantaine de minutes avec une langue de bois du plus bel effet : « le handicap est une priorité de la nation » ; « C’est un combat de chaque minute, on pourrait même dire de chaque seconde. » Etc. Mais quand il s’est agi de parler de l’allocation adulte handicapé (AAH), c’est-à-dire de la somme dont une personne handicapée dispose pour vivre, plus personne. Le discours reste inchangé. Le plafond de l’AAH qui est aujourd'hui de 628 € sera revalorisé de 5 % par an. Mais avec une inflation de 3% (peut être plus, car Gazprom annonçait il y a quelques heures s’attendre à voir le pétrole brut monter dans les mois qui viennent jusqu’à 250 $ le baril), on est toujours très loin en dessous du seuil de pauvreté. « Cette hausse doit être l’occasion de réformer l’AAH qui ne correspond plus à vos aspirations » à dit le président Sarkozy, oubliant que le principal reproche fait à l’AAH, c’est son montant.

En dehors de cela, et de l’émotion convenue d’un discours de circonstance, Nicolas Sarkozy a fait des propositions très en deçà de que nous attendions pour ce qui est des moyens de l'application de la loi du 11 février 2005.

Quid de l'accessibilité, du fonctionnement des Maison départementales des personnes handicapées qui je le rappelle dépendent des orientations politiques des conseillers généraux. Les conditions d’accueil dans les écoles et en milieu scolaire ordinaire n’ont pas changé, alors que l’on supprime des postes dans l’éducation nationale. La formation des AVS n’a pas évolué.

Nicolas Sarkozy n'a fait que rappeler les sanctions à l’égard des organisations qui ne respectent pas le quota de 6 % de salariés handicapés, et noté qu’à sa demande l’administration avait fait un effort dans ce sens... On a eu droit à un discours sentant le réchauffé. Le président ne s'arrête pas là : il s’apprête à recevoir le tout nouveau secrétaire général de préfecture paraplégique qui vient d’être nommé. Une belle image pour les médias…

On attendait du nouveau, et surtout le passage de l’AAH à parité avec le SMIC, l'intégration dans le futur RSA des personnes handicapées, l'embauche et la formation des AVS, la déduction supplémentaire sur la taxe d'habitation, de vraie mesures incitatives à l'emploi... On a eu droit à un discours au refus très net de donner aux personnes handicapées une allocation leur permettant de vivre décemment.

En tant que secrétaire fédérale du Parti Socialiste en charge questions sociales et des solidarités, et présidente de l’association C’La Vie qui oeuvre en faveur des personnes handicapées, je trouve cette attitude inacceptable et je tiens à l’exprimer.

Par Nathalie Bellity - Publié dans : Actualité nationale
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Dimanche 8 juin 2008 7 08 /06 /Juin /2008 00:06

« Déployer mes ailes » est le titre de mon dernier livre. C’est aussi le combat de chaque personne handicapée. J’ai perdu à 17 ans ma main droite, à la suite d'une erreur médicale. J’estime m’en être bien sortie. Tous n’ont pas eu ma chance. Il y a en France plus de six millions de personnes handicapées, qui réclament le droit à la considération et à une vie décente.

Pour les aider, les accompagner dans leur lutte au quotidien, je suis devenue consultante spécialisée dans l'emploi des travailleurs handicapés et je milite en tant que secrétaire fédérale en charge des questions sociales et des solidarités au Parti socialiste. Je suis également présidente de l'association C'La Vie qui œuvre en faveur des personnes handicapées.

Par ma propre expérience, je sais que le handicap, ça n’arrive pas qu’aux autres. Du jour au lendemain, toute votre vie peut basculer. Même si vous avez échappé à la déficience génétique, un banal accident de voiture, une erreur médicale (mon cas), un incendie ou un bricolage qui tourne mal peuvent vous faire rejoindre le rang des exclus. Car c’est bien de cela qu’il s’agit. On était 35.000 à défiler le 29 mars à Paris, pour rappeler au président Sarkozy ses promesses de candidat. Le magazine L’Express a recensé cette semaine six points sur lesquels il entend se battre aux côtés des personnes handicapées. Sur ces six points, rien ou presque n’a bougé :

  • l’emploi : une personne handicapée obtient quinze fois moins d’entretiens d’embauche qu’une personne valide,

  • le niveau de vie : plus du tiers de la population handicapée vit au dessous du seuil de pauvreté (817 € mensuels). L’allocation adulte handicapé de 628,10 € ne permet pas une vie décente,

  • la mobilité : 173.000 établissements publics ne sont pas accessibles en fauteuil roulant ; la plupart des trottoirs ne sont pas faciles d’accès, les bus ne sont pas fonctionnels, les bandes de guidage et les signaux sonores destinés aux malvoyants (aux passages piétons notamment) sont rares,

  • l’éducation : 15.000 enfants handicapés n’ont pas accès au système scolaire ;

  • les établissements spécialisés manquent, notamment pour les jeunes autistes. 110.000 places manqueraient actuellement en France,

  • enfin, l’Express pointe du doigt le droit à une vie affective et sexuelle pour les handicapés. En Allemagne et aux Pays-Bas, des « assistants sexuels » sont formés et exercent un métier reconnu. En France, on en est encore loin, même si certains, comme Marcel Nuss, auteur d’un livre blanc sur la question, réfléchissent actuellement sur le sujet,

Le mardi 10 juin aura lieu la Conférence nationale sur le handicap, présidée par Nicolas Sarkozy. La conférence sera l’occasion de faire le point, à la fois sur les promesses faites aux personnes handicapées, et sur les avancées permises par la loi du 11 février 2005. Cette loi « pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées » , qui devait initier une véritable politique du handicap dans notre pays.


En attendant, l’Express a mis en ligne un manifeste :
(
http://www.lexpress.fr/actualite/societe/manifeste_handicap.asp ), déjà signé par la socialiste Martine Aubry, le maire de Besançon Jean-Louis Fousseret, des artistes comme Grand Corps Malade, Marc Lavoine le photographe Yann Arthus-Bertrand, des sportifs (Dessailly, Mathieu), des députés, d’anciens ministres, des personnalités du monde littéraire (Bernard Pivot), des cuisiniers célèbres, des journalistes, etc. Rejoignez-les en signant ce manifeste, et en participant à mon combat au sein de C’La Vie ce.lavie@voila.fr.

Par Nathalie Bellity - Publié dans : Actualité nationale
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Mardi 3 juin 2008 2 03 /06 /Juin /2008 20:24

Sur le thème "Une jeunesse sans tabac", la journée mondiale anti-tabac a eu lieu samedi 31 mai.

A quelques jours de cette journée mondiale, la Mutualité Française et les éditions Pascal ont édité « Cocktail d’enfer – carnet 103 ». Un thriller dénonçant les méthodes des industriels de cigarettes et des alcools pour capter la clientèle des plus jeunes. Car plus les consommateurs commencent tôt, plus ils continuent longtemps. Construit comme le journal d’un professionnel de l’influence pris au piège avec sa famille, ce polar révèle comment les industriels du tabac et de l’alcool nous manipulent pour écouler toujours plus de leurs produits meurtriers. L’auteur, Raymond Clounet, affirme : « j’avais envie de révéler au public comment des hommes deviennent des monstres de manipulation. J’ai voulu aussi montrer de l’intérieur ce qu’est un corrupteur, les questions qu’il se pose, ses problèmes de conscience… »

Le tabagisme chez les jeunes : la dépendance survient très vite

A 19 ans, la moitié des jeunes fument. Beaucoup ont connu vers onze ans leur première cigarette. Dès l’administration d’une seconde dose de nicotine, le nombre de récepteurs à la nicotine s’élève considérablement dans le cerveau, entraînant très rapidement des modifications cérébrales. Les deux tiers des jeunes fumeurs d’une étude américaine présentaient des symptômes de dépendance à la nicotine, avec un fort sentiment d’addiction et une envie impérieuse de fumer, de l’irritabilité et de l’anxiété. 20 % d’entre eux ont vu les signes de la dépendance survenir dans les quatre semaines suivant la consommation de la première cigarette, mais la dépendance peut survenir beaucoup plus vite : quelques jours seulement pour certains collégiens.

Désastreuse pour le cœur, la peau, la respiration, les performances physiques et les finances des ados, la cigarette continue cependant à faire des ravages chez les jeunes. Facilement contournable, l’interdiction de la vente de tabac aux moins de 16 ans n’a peut-être fait que renforcer la détermination des jeunes fumeurs. Il y a quelques années, les jeunes Français de 12 ans détenaient le record du tabagisme en Europe pour leur classe d’âge. En assimilant la cigarette à la séduction, à la liberté et au passage à l’age adulte, les cigaretiers s’appuient sur des motivations très fortes chez les jeunes. Une étude de 2003 a montré que les jeunes aimaient le côté « social » du tabagisme (« celui qui fume a beaucoup d’amis »), tandis que le fait de ne pas fumer donnait de plus en plus l’image du « premier de la classe ».

   Fumer réduit en moyenne l’espérance de vie de 8 ans

Un fumeur sur deux mourra d’une maladie longue et douloureuse liée au tabac. Un fumeur sur quatre voit son espérance de vie réduite de vingt ans. Pour un non-fumeur, vivre avec un fumeur est un exercice périlleux : cela augmenterait de 26 % son risque de cancer du poumon, et de 23 % son risque d’infarctus. Gilles Halais notait sur France Info il y a quelques jours que « Le tabac a tué 100 millions de personnes à travers le monde au cours du XXe siècle. Au rythme actuel, il en tuera un milliard au cours de ce siècle, plus de 8 millions par an d’ici 2030, dont 80 % dans les pays en voie de développement. En France, le tabac tue chaque année 66.000 personnes. »

Dernière innovation du marketing du tabac : les « cigarettes bonbons » au goût sucré (vanille, chocolat, fruits) : « Pink Elephant », « Black Devil » font un tabac chez les très jeunes fumeurs. La ministre de la Santé, de la jeunesse et des sports Roselyne Bachelot a dit qu’elle aimerait bien les voir interdire. Mais le gouvernement fera-t-il quelque chose ? La réponse est probablement non : derrière la vente du tabac se cachent des enjeux financiers auxquels l’Etat, premier pourvoyeur de drogue en France, ne veut pas renoncer.

Par Nathalie Bellity - Publié dans : Actualité nationale
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Stomy Bugsy, Doc Gynéco qui nous ont fait l'honneur de venir lors de l'inauguration de l'association C' La Vie à Sarcelles. C'était pour un concert caritatif en faveur des personnes handicapées en octobre 2005.

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